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13 octobre 1990: Si chacun faisait une lecture critique de son passé, le Liban se porterait mieux
Le 13 octobre 1990. Une date aussi pénible que symbolique. Un souvenir indélébile de l’expulsion du général Michel Aoun, alors Commandant en Chef de l’Armée à l’époque et Premier Ministre du Cabinet militaire. Comme chaque année, les partisans du Courant Patriotique Libre se donnent rendez-vous pour rendre hommage aux militaires tombés, détenus et enlevés ce jour là, mais également à leur général. iloubnan.info fait le point avec Nicolas Sehnaoui, figure éminente du CPL et ancien candidat aux législatives.
Crédit photo: Greg Demarque
iloubnan.info: Le 13 octobre est désormais un rendez-vous annuel avec les fidèles de l’Armée libanaise et les partisans du Courant Patriotique Libre, comment avez-vous vécu cette commémoration?
Nicolas Sehnaoui: Cette commémoration était comme un rappel nécessaire du vrai sens du sacrifice et de l’abnégation, au service de la patrie, que seule l’école militaire enseigne et qui manque douloureusement à beaucoup de Libanais.
Les martyrs de l’Armée ont une valeur symbolique cruciale à un moment où l’Etat apparait affaibli, combattu de toute part et dépecé par les fromagistes. L’Armée est l’une des seules institutions à avoir relativement survécu l’affaiblissement de l’Etat Libanais et la quasi-disparition de la notion d’allégeance première à la patrie.
Aujourd’hui, les circonstances ont bien changé. Certains reprochent au général Michel Aoun un changement d’orientation, alors que d’autres campent sur leur engagement à sa démarche. Qu’en pensez-vous?
Lorsqu’on pilote pour le bien de son peuple la bonne orientation ne peut être déterminée qu’en fonction de la conjoncture. Il s’agit donc de distinguer les priorités. Pour le CPL, après le retrait des troupes syriennes, la priorité a été accordée à la préservation de la paix civile et la récupération de la participation, juste, de toutes les parties au pouvoir. Aujourd’hui et surtout si un nouveau gouvernement d’union nationale est formé, la priorité sera donnée aux réformes.
19 ans après le 13 octobre 1990, en 2009, qu’est ce qui a vraiment changé? Comment ce souvenir peut servir à tourner une page et entrevoir un meilleur avenir?
Toute expérience, aussi malheureuse soit-elle, amène ses enseignements. Si chacun faisait, comme nous l’avons fait, une lecture critique de son passé, le Liban se porterait mieux. Malheureusement, d’autres partis politiques Libanais qui avaient, à l’époque, cru aux promesses de l’Occident, ont répété en 2005 leur erreur. Ceci nous a coutés quatre ans d’instabilité et de paralysie des institutions.
L’avenir sera meilleur lorsque les notions de citoyenneté et de patriotisme seront largement diffusées et lorsque nous, autres citoyens libanais, auront appris à distinguer et à plébisciter les partis qui sont indépendants de l’étranger et que la corruption n’a pas dénaturé.
