NICOLAS-SEHNAOUI.ORG
الفساد والطائفية هما سرطان يتغذى واحداً من الأخر

Actualités, Flash Infos 

Nicolas Sehnaoui : Arrêter l’émigration ou 3 chantiers à entreprendre afin de changer le sentiment de beaucoup de jeunes « que ce pays n’est pas à eux »

Le samedi 2 mai, une foule de francophones ont répondu présentes à la conférence donnée par Nicolas Sehnaoui à l’hôtel Gabriel à Achrafieh, sur le thème « comment arrêter l’émigration des jeunes ».

Comme l’a annoncé Mr Sehnaoui, candidat au siège Grec Catholique à Beyrouth 1, cette conférence / débat avait 2 objectifs. Le premier, mettre le doigt sur le problème d’émigration dont souffre le pays, analyser ses causes et proposer des solutions. Le second, entamer une discussion avec le public francophone libanais autour de la campagne électorale en cours, et de permettre ainsi a des personnes de bords politiques différents de dialoguer dans une atmosphère détendue.

S’agissant de l’émigration, Mr Sehnaoui a rappelé les chiffres officiels : Autour d’un million de libanais ont quitté le Liban durant les 15 dernières années, soit 25% de la population libanaise (35% pour la communauté chrétienne). Paradoxalement le Liban a un des taux d’émigration les plus élevés au monde ainsi qu’un des taux d’immigration les plus élevés du monde avec la présence notamment de six cent cinquante mille étrangers sur son sol. Contrairement a l’idée largement rependue il ne reste qu’un milliards une fois qu’on a soustrait au flux des transferts entrants les transferts sortants envoyés par les immigres a leurs familles. La spécificité et le danger de l’émigration Libanaise est qu’elle se fait au fil de l’eau de manière constante et insidieuse. Une hémorragie dont les effets a long terme seront insupportable et pourront modifier la structure démographique et politique du Liban.

Mr Sehnaoui a identifié les 3 causes principales qui poussent les gens à émigrer.
Premièrement, la situation économique précaire dans laquelle se trouve les libanais, le manque de couverture médicale, l’absence de retraites, les infrastructures qui fonctionnent peu ou mal, le cout élevé de l’éducation.

Deuxièmement, la situation politique des Chrétiens qui ont été pendant plus de 15 ans écartés du contrat social ; toute une génération a grandi en ayant le sentiment de ne pas avoir sa place dans ce pays. Ce qui explique un taux d’émigration de 35% chez les Chrétiens.

Troisièmement, la défaillance du système juridique qui crée un état de non droit et qui pousse les gens à trouver refuge dans des pays où ils sont traités en citoyen égaux.

Les solutions proposées par Mr Sehnaoui à ces 3 problèmes sont les suivantes. La première, est de nature économique avec la nécessité de migrer de l’économie de rente que nous avons actuellement à une économie productive afin de créer de la valeur, et il existe pour cela différents mécanismes qu’il a décrits. La seconde est de nature politique et passe par la consolidation de la participation des Chrétiens au pouvoir exécutif, par l’élargissement des prérogatives du président de la république, du vice président du conseil des ministres et par la modification du mode de scrutin municipal a Beyrouth. Enfin la troisième et la plus difficile des reformes est celle de la magistrature afin de parvenir à un état de droit. Trois chantiers ambitieux mais atteignables.
Ces trois chantiers seront la priorité du CPL sur la période 2009-2013.

Mr Sehnaoui a également répondu aux questions du public, qui ont porté sur l’alliance entre le Hezbollah et le CPL, sur les craintes engendrées par cette alliance au niveau des chrétiens. Mr Sehnaoui de répondre : « Le Hezbollah est un partenaire du contrat sociopolitique libanais. Tout comme le Courant du Future. Toute personne qui croit en un pays ne peut pas concevoir d’écarter un pourcentage important de la population d’un pays en disant « ce sont des traitres, ou ils obéissent a un pays lointain ». C’est une attitude irresponsable. Le Hezbollah ainsi que le Courant du Future sont des composants de l’équation du pays avec lesquels il faut vivre ». Puis de poursuivre « Le Hezbollah est un parti pragmatique, qui évolue. La négociation avec le CPL l’a poussé à évoluer fortement. Le CPL a obtenu du Hezbollah qu’il signe un document qui stipule que « la Syrie ne revienne plus jamais au Liban ». Maintenant, il y a même des messes sur Manar ! ». «Il est toujours très dangereux de diaboliser l’autre et quand l’autre représente 35% de la population sa diabolisation équivaut a un suicide collectif ». « Les libanais attendent de leurs leaders une attitude responsable donc pragmatique, une inflexibilité sur les principes fondamentaux et une feuille de route pour les mener a bon port ». Voila ce que le CPL a fournit durant les quatre dernières années.

Sur la question de l’Etat religieux Sehnaoui a explique que « le CPL a négocié et obtenu dans le document d’entente avec le Hezbollah le principe de l’Etat Civil. De plus le mariage civil fait partie intégrale du programme du CPL et contrairement a beaucoup d’institutions chrétiennes le Hezbollah n’a pas de problème avec le mariage civil ».
A la question concernant le mandat d’un politicien et comment demander des comptes en démocratie. Mr Sehnaoui a répondu : « La démocratie c’est de confier un mandat à des politiciens pour une période et les juger a la fin de leur mandat. Avec Aoun, trois mois après son plébiscite populaire on a commencé à mettre en cause sa représentativité. Quand il y a un pilote il faut accepter qu’il conduise la voiture. Si pour une raison ou une autre la confiance n’existe plus dans son pilotage, on peut décider de descendre de la voiture. En démocratie ca s’appelle des élections anticipées; c’est ce que nous n’avons cessé de demander depuis le début de la crise ». Et il a ajouté « il est vrai que nous autres les chrétiens nous étions dans le coffre de la voiture durant 15 ans. Puis une fois libres nous avions pensé peut être naïvement que nous aurions le droit de participer au pilotage. C’était sans compter sur la volonté hégémonique de certains de nos partenaires. Que nul ne se trompe ceux qui nous ont permis de récupérer ce droit a Doha se sont nos alliés du Hezbollah ».

Enfin à la question « Est-ce que vous êtes surs que les alliés du CPL au parlement vont pousser pour le changement ? »
Mr Sehnaoui de dire « on ne peut pas répondre à la place de nos alliés. Mais ce qui est sur, c’est que plus le bloc parlementaire du CPL est grand, plus on peut pousser l’agenda des reformes efficacement. Apres ce sera une bataille de tous les jours ».

كتابة تعليق